Sur les traces du
« Rembrandt de l’Orient » à Goa

Megan Lambert explore l’œuvre du célèbre artiste du XIXe siècle António Xavier Trindade, baptisé le «Rembrandt de l’Orient». Elle découvre un surprenant lien de famille entre ce dernier et le propriétaire de l’Ahilya by the Sea, à Goa, oasis de beauté naturelle et repaire idéal pour artistes.

Sur les traces du |« Rembrandt de l’Orient » à Goa

Megan Lambert explore l’œuvre du célèbre artiste du XIXe siècle António Xavier Trindade, baptisé le «Rembrandt de l’Orient». Elle découvre un surprenant lien de famille entre ce dernier et le propriétaire de l’Ahilya by the Sea, à Goa, oasis de beauté naturelle et repaire idéal pour artistes.

Fontainhas, le quartier latin de Goa, fourmille d’hôtels particuliers portugais, certains colorés, d’autres délabrés, qui furent autrefois des habitations ou des bureaux gouvernementaux. À côté d’une maison fraîchement repeinte en couleur bleuet, sa voisine laissée à l’abandon est parsemée d’herbes folles surgissant de ce qu’il reste de sa façade de tuiles en terre cuite. Ce quartier se parcourt facilement à pied. Si vous flânez dans ses ruelles accidentées, vos pas finiront par vous porter devant la Fundação Oriente. Cet exemple flamboyant de l’architecture indo-portugaise du XIXe siècle se dresse fièrement, tout de blanc vêtu, avec ses bordures jaune soleil, ses balcons symétriques à la Roméo et Juliette et ses volets scintillants en nacre. Rien ne laisse présager ce qui se trouve à l’intérieur de cette véritable œuvre d’art.
 


Dans la maison, le gardien n’apporte lui non plus aucun éclairage sur la galerie, en dehors des néons qu’il allume méthodiquement à notre arrivée. Ce jour-là, nous sommes visiblement les seuls visiteurs, ce qui semble nous valoir les honneurs d’une visite privée. Pourtant, la fondation possède une collection d’œuvres de l’artiste le plus célèbre de Goa, António Xavier Trindade, baptisé le « Rembrandt de l’Orient » par ses contemporains. Ses huiles sur toile sont des chefs-d’œuvre de portraits intimes, odes à sa famille et à ses proches. Un portrait de son épouse, Florentina, la représente avec un sourire digne de la Joconde. Elle aussi semble porter un secret qui reste à déchiffrer. Le portrait est si détaillé qu’il donne l’impression de la connaître ; il se dégage du tableau chaleur et de bonne humeur.
 


De retour à l’hôtel, je demande à mon hôte s’il a déjà entendu parler de cet artiste, « un certain Antonio quelque chose ».

« Vous savez que c’est le grand-père du propriétaire ? », me répond-il en riant. 

Je n’en avais pas la moindre idée. Soudain, comme lorsqu’on apprend un mot nouveau et qu’on ne cesse ensuite de l’entendre partout, je remarque les exemplaires de l’ouvrage « Antonio Xavier Trindade : un peintre indien de la colonie portugaise de Goa », auxquels je n’avais encore nullement prêté attention, et tout s’éclaire. Avec le recul, je ne suis pas surprise qu’un sang créatif coule dans ces veines. Avec son impressionnante collection d’art, Ahilya by the Sea est un véritable écrin pour artiste. Rempli jusqu’à son plafond balinais sculpté à la main de tableaux surréalistes, d’aquarelles et de peintures à l’huile de Goa et du monde entier, l’hôtel offre le genre de séjour qui stimule réellement la créativité. Que ce soit la proximité de la nature (l’hôtel donne sur la plage voisine de Coco Beach à l’ouest et sur le fleuve Mandovi à l’est), la sérénade sans fin de l’océan, ou encore le rythme de vie indolent, typique de Goa ; ici, tout incite à poser son téléphone pour saisir un pinceau. Ou, dans mon cas, un stylo.
 


Cette ancienne demeure privée, convertie en hôtel en 2016, possède un lien tangible avec la capitale de Goa. Elle se tient en effet à l’emplacement même des anciens bureaux de douane construits par les Portugais pour garder l’entrée du fleuve, en direction de Panjim. L’hôtel propose même un programme de résidence d’artiste : peintres, écrivains et consorts peuvent résider dans une charmante cabane nichée dans les branches d’un banian bicentenaire . Si les hauteurs ne sont pas à votre goût, neuf autres chambres sont réparties dans trois villas. Quel que soit votre choix, toutes permettent d’observer les pêcheurs rapporter leurs prises matinales, sur la plage voisine de Coco Beach. Le rêve de tout peintre.
 

Articles connexes dans notre magazine
Château de Bagnols, |en charme et majesté
Château de Bagnols,
en charme et majesté
Cliquez ici pour lire
Échappées belles |en Nouvelle-Zélande : partie 1
Échappées belles
en Nouvelle-Zélande : partie 1
Cliquez ici pour lire