Publié le 17/09/2020

En Armagnac,
aux bons soins des Guérard

La Bastide en Gascogne : ce nom évoque la fureur de la guerre de Cent Ans, mais il n’existe pas de lieu plus apaisant, et plus ouvert, que cette ancienne chartreuse du 18ème siècle.

En Armagnac, |aux bons soins des Guérard

La Bastide en Gascogne : ce nom évoque la fureur de la guerre de Cent Ans, mais il n’existe pas de lieu plus apaisant, et plus ouvert, que cette ancienne chartreuse du 18ème siècle.

Malgré l’inquiétante réputation calorique du Gers, confirmée par l’exceptionnel marché du mercredi, on quitte la table de La Bastide l’appétit satisfait, mais sans un gramme superflu. Hôtel 5 étoiles directement relié par une passerelle à l’élégant centre thermal de Barbotan, l’un des joyaux de la Chaîne Thermale du Soleil, il en exhale une simplicité désarmante et une bonne humeur. Dans ce lieu propice à la détente, comme dans la chanson de Charles Trenet, il est conseillé aux résidents d’oublier leur génie et, sans plus se poser de questions, de « laisser faire le monde qui tourne » selon les lois hospitalières de la famille Guérard.





À Cazaubon, Michel Guérard, 87 ans, géant de la gastronomie et mentor du chef Jérôme Artiguebe, son épouse Christine et leur fille aînée Éléonore ont conçu et font vivre un relais de campagne ouvert, lumineux et plein d’esprit. Et si le luxe, c’était cela, chasser comme des papillons les petites intentions non ostentatoires, mises à disposition de ceux qui savent en jouir ?

Voyez le jeu des teintes, qui joliment contrastent avec la blancheur des pierres et des sols : sur une longue table de chêne, l’ambre du Bas-Armagnac distillé par le château de Sandemagnan et, dans son soliflore, le dahlia couleur tabac prélevé dans la roseraie. Amusez-vous du son de l’interrupteur de l’étonnante salle de bains de la suite d’Artagnan, dont le « chlank » déclenche le souvenir d’une maison de famille. Découvrez, au déjeuner, un nouveau plat chaque jour et le potentiel insoupçonné du fenouil, puis retrouvez au diner la fondamentale côte de bœuf Hereford au sautoir et les petits soufflés au puissant chocolat. Notez surtout l’application de l’équipe, souriante sous son masque, pour préserver la santé des convives sans inconscience, mais sans stress. Le directeur, jamais dans son bureau, se fait un point d’honneur d’anticiper les envies de chacun et transmets au personnel de salle l’art délicat de servir et de conseiller à bonne distance.



Pour les trois longues semaines d’une cure, hautement recommandée par la Faculté pour la rhumatologie et la phlébologie, la Bastide est le plus doux des camps de base. Avec ses grandes chambres toutes rénovées et sa piscine à l’ombre des platanes, elle se prête aussi bien à un long week-end au départ de Bordeaux, Toulouse, Londres ou de Paris. Dans ce cas, une autre cure est possible : succédant à un maître de chai mythique, c’est un jeune œnologue néo-zélandais qui commente désormais la dégustation d’une cuvée… plus âgée que lui. La Gascogne, décidément, a le chic pour troubler les certitudes : l’Armagnac Hors d’Âge qui célèbre les trois étoiles de Michel Guérard est un assemblage 1974-1975-1977, riche et vif, équilibré, vieux et jeune à la fois !

 

Articles connexes dans notre magazine
Douceur de vivre bucolique |sur l’île de Fyn
Douceur de vivre bucolique
sur l’île de Fyn
Cliquez ici pour lire
Au cœur des montagnes |à Blackberry Mountain
Au cœur des montagnes
à Blackberry Mountain
Cliquez ici pour lire