Publié le 16/03/2020

La vie au vert
sur l’île d’Émeraude

C'est une bâtisse tout droit sortie d'un conte de fées qui aurait été réécrit par Oscar Wilde: Ballyfin est un hommage à la beauté de l'Irlande. Qui vous emmène dans un autre siècle, au fil d'une élégance toute aristocratique…

La vie au vert |sur l’île d’Émeraude

C'est une bâtisse tout droit sortie d'un conte de fées qui aurait été réécrit par Oscar Wilde: Ballyfin est un hommage à la beauté de l'Irlande. Qui vous emmène dans un autre siècle, au fil d'une élégance toute aristocratique…

Après une heure et demie de route depuis Dublin, cette belle propriété se dévoile enfin. Ce n’est que lorsque les portails de fer forgé de Ballyfin se referment derrière nous que l'on découvre toute la beauté des lieux. 

Le personnel en uniforme est en rang, prêt à nous accueillir, tels des invités de marque (deux valets discrets se sont déjà chargés de nos bagages). À l’intérieur, nous sommes invités à déguster une coupe de champagne près d’un feu crépitant. Un accueil pétillant, qui illustre à merveille tout le charme du Ballyfin – avec du soda bread fait maison et du whisky irlandais en prime.

Entouré de 250 hectares de parc vallonné et de bois, avec ses ruisseaux murmurants, ses jardins clos, son lac de plaisance, sa tour de six étages qui semble tout droit sortie d’un conte de fées, et les montagnes de Slieve Bloom au loin, Ballyfin est une ode à la beauté éternelle de l’île d’Émeraude. Mais redonner à ce domaine sa splendeur d’antan ne fut pas de tout repos.

Abandonnée par ses propriétaires anglo-irlandais, Ballyfin perd brutalement son calme bucolique pendant les troubles politiques qui secouent le pays, au lendemain de la Première Guerre mondiale. La demeure, autrefois l’une des plus belles maisons de campagne du pays, est vendue à des prêtres catholiques. Elle fait office de pensionnat pour garçons pendant les quatre-vingts années qui suivent.

Vers la fin du XXe siècle, la bâtisse est presque irrécupérable, jusqu’à ce que le milliardaire américain Fred Krehbiel et son épouse irlandaise la rachètent. Transformé de fond en comble, Ballyfin devient alors l’un des hôtels les plus luxueux d’Irlande. Le couple fait appel à des talents de tous bords : l’architecte d’intérieur londonien, Colin Orchard, conçoit les 21 suites remarquables de l’établissement tandis qu'un ancien concierge récupère scrupuleusement tous les carreaux manquants du sol du boudoir. Tous participent à ce prodigieux effort de restauration. Le mobilier et les œuvres d’art, dont deux immenses miroirs à moulures du XIXe siècle et une mosaïque de 2000 ans d’âge transportée de Pompéi par Lady Caroline, sont dignes d’un musée.

Si l’intérieur séduit par son élégance hors normes, Ballyfin se démarque aussi par ses splendides espaces extérieurs. Une sélection de bottes Dubarry (classées par ordre de grandeur, naturellement) et de coupe-vent estampillés « Ballyfin » sont positionnés à dessein dans le couloir principal. Du tir à l’arc à l’équitation, de la pêche à la fauconnerie, une liste exhaustive d’activités de plein air s’offre aux hôtes.
 


Les longues promenades laissent place à des dîners qui donnent encore plus envie de s’éterniser. Le chef Sam Moody (qui a décroché une étoile Michelin au Bath Priory) travaille les produits de son jardin clos de 3 hectares dans un impressionnant menu dégustation de huit plats.

Cuisine de saison dans un cadre raffiné, la tête de porc croustillante, qui évoque de véritables bacchanales, est présentée avec délicatesse. Elle est accompagnée d’une mayonnaise à la moutarde et de nasturtium (une fleur comestible, si comme moi, un doute vous assaille). Le dîner se poursuit par de l’Aberdeen Angus pur-sang. La viande de bœuf, originaire de Mountrath, à dix minutes de route, a été transformée en filet léger. Elle est servie avec le meilleur friand aux légumes et à la poitrine de bœuf qu’il vous ait été donné de manger et de minuscules pommes de terre saisies dans de la graisse de bœuf. L’ensemble est sublimé par une carte des vins composée avec soin par le sommelier de la maison. Si le dîner peut être formel, le service n’a rien de guindé et le personnel est très discret.

Le petit déjeuner est tout aussi gourmand : pain irlandais et viennoiseries, tous deux fraîchement sortis du four, se dégustent avec des confitures maison, le miel du domaine et des œufs tout droit sortis du poulailler.

Haut lieu aristocratique, Ballyfin invite ses hôtes à savourer la vie insouciante d’une époque révolue, à l’irlandaise. 
 

 

 

Photos: © Megan Lambert

 

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